| Après avoir perdu la face en décidant d'interrompre les transactions sur sa cote 20 minutes avant la clôture mercredi dernier, les dirigeants de Kabuto-chô ont décidé d'utiliser les grands moyens. Ils veulent moderniser leur système informatique pour que celui-ci soit capable de traiter 8 millions de transactions quotidiennes, au lieu des 4,5 millions d'aujourd'hui. Aucun budget n'a été fixé, mais Maari Koide, analyste chez Merrill Lynch à Tokyo, évoque "un investissement de 40 milliards de yens [284 millions d'euros] d'ici à mars 2008". En attendant, la Bourse de Tokyo écourte ses séances, se réserve le droit d'interrompre les échanges si le nombre de transactions dépasse les 4 millions, et "pousse" ses systèmes informatiques de manière à être capable d'en traiter 5 millions.
La surchauffe des systèmes boursiers n'est pas propre à Tokyo. Mercredi soir, le Nasdaq a lui aussi subi une panne informatique, passée inaperçue, mais qui a tout de même été à l'origine d'un défaut de reporting sur 81.000 transactions dans les dernières minutes de la séance. Les courtiers en ligne, tels que Charles Schwab, et les sites d'informations finan-cières, comme Yahoo, ont reçu des cours de clôture erronés sur 1.400 valeurs.
Un coûteux décalage. Les deux incidents ne doivent rien au hasard. Ils résultent d'une explosion du nombre des ordres - tant en provenance des petits porteurs que des intervenants professionnels - que les Bourses ne sont pas toujours capables de supporter. En 2005, le Nyse a échangé pour la première fois plus de 400 milliards d'actions, 10 % de plus que l'année précédente. "Certains hedge funds réalisent des arbitrages permanents et sont capables de réaliser entre 50.000 et 100.000 transactions par jour", estime Philippe Buhannic, PDG de Tradingscreen, un fournisseur de solutions de trading. Selon lui, ce phénomène devrait s'amplifier dans les années qui viennent, en raison du succès de nouveaux modes de négociation. "De plus en plus répandu, le trading algorithmique permet aux intervenants de limiter l'impact de leurs interventions sur les marchés. Mais la technique augmente la fréquence des opérations", poursuit-il. Au lieu de risquer un coûteux décalage de cours lors de la transmission de gros ordres, les gérants préfèrent une exécution morcelée. Si des plates-formes modernes, comme Inet ou Archipelago, peuvent ajuster leur capacité en fonction des flux, les systèmes plus anciens ne sont pas équipés pour résister à cette avalanche d'ordres.

Cet article est issu du site La Tribune.fr (www.latribune.fr).
Aucun droit de reproduction, sous quelque forme que ce soit (photocopie, scanner, copie numérique), n'est autorisé, si ce n'est celui d'une copie unique destinée à un usage strictement personnel. Toute autre utilisation est donc soumise à l'accord préalable de l'éditeur.
Pour toute information : information@latribune.fr
© 2002 La Tribune/D.I. Group |